Une diode tunnel est un type particulier de diode qui ne fonctionne pas comme une diode normale. Parce qu’il est très fortement dopé, sa jonction devient extrêmement fine, si bien que les électrons peuvent y traverser même à basse tension. Cela crée une région étrange appelée résistance différentielle négative, où le courant peut diminuer même lorsque la tension augmente.

Notions de base sur la diode tunnel
Une diode tunnel possède deux bornes, comme une diode standard. Les deux extrémités doivent être clairement identifiées car l’appareil peut se comporter différemment d’une diode standard sur certaines plages de tension.
Noms des terminaux
• Anode → côté de type p
• Cathode → côté de type n
Faits sur le terminal
• En polarisation directe, le courant conventionnel s’écoule de l’anode → de la cathode.
• La polarité reste importante, et les diodes tunnel peuvent également conduire en polarisation inverse à cause du tunnelage.
• Sur de nombreux emballages physiques, la cathode est marquée par une bande ou un point.
Structure et tunnelage quantique dans une diode tunnel

Dans une jonction p–n standard, la région d’épuisement est suffisamment large pour que les porteurs traversent principalement la barrière par injection thermique. Une diode tunnel est construite différemment : le côté p et le côté n sont très fortement dopés, ce qui réduit la région de déplétion à seulement quelques nanomètres. Avec une barrière aussi fine, les électrons peuvent la traverser par tunnel quantique, ce qui permet d’apparaître un courant perceptible à une tension directe très basse.
Quels changements importants de dopage (cause → effet)
• Un dopage intense augmente la concentration des porteurs et rétrécit la région d’appauvrissement.
• Une région d’épuisement plus fine signifie une barrière d’énergie plus fine dans la jonction.
• Lorsque la barrière est suffisamment fine, les porteurs peuvent creuser à travers elle au lieu de la franchir.
• Cela permet une conduction basse tension et rend le comportement des jonctions fortement dépendant de la géométrie et des paramètres du matériau.
Ce que signifie le tunneling dans cette diode
Dans une diode normale, un porteur a besoin d’assez d’énergie pour franchir la barrière. Dans une diode tunnel, même lorsque l’énergie porteuse est en dessous du pic de la barrière, elle peut tout de même traverser la barrière grâce à la mécanique quantique, à condition qu’il y ait des états occupés d’un côté alignés avec des états vides de l’autre côté.
Implications pratiques en conception
• La capacité de jonction est généralement plus élevée car la région de déplétion est extrêmement fine.
• Le blocage inverse est limité, et la tension de rupture inverse est souvent inférieure à celle des diodes standard.
• La performance est plus sensible aux variations du procédé et à la température, et le comportement des hautes fréquences dépend fortement de la capacité de jonction et de l’inductance du boîtier/enfil.
Comparaison rapide
| Aspect | Diode standard | Diode tunnel |
|---|---|---|
| Niveau de dopage (ordre typique) | ~10¹⁶–10¹⁸ cm⁻³ | ~10¹⁹–10²⁰ cm⁻³ |
| Épaisseur de l’épuisement | Plus large | Très étroit |
| La principale traversée des porteurs | Principalement au-delà de la barrière | Principalement à travers la barrière (creusement de tunnels) |
| Blocage inversé | Souvent fort | Souvent limité |
Vue en bande d’énergie d’une diode tunnel

Biais zéro ou très faible
À zéro polarisation, le tunneling peut se produire dans les deux sens car la barrière est mince. Le courant net reste proche de zéro car le tunneling à partir de p→n est équilibré par le tunneling à partir de n→p.
Biais des petits ailiers : Montant vers le sommet (IP à Vp)
Avec un faible biais vers l’avant, les bandes d’énergie se déplacent de sorte que les états remplis d’un côté s’alignent avec les états vides de l’autre. Le nombre de chemins de tunnel disponibles augmente, si bien que le courant augmente rapidement.
• Le courant atteint le courant de pointe Ip à la tension de pointe Vp lorsque l’alignement est le plus fort.
Polarisation avant plus élevée : Descente vers la vallée (IV à Vv)
Lorsque la tension directe dépasse Vp, l’alignement des bandes s’affaiblit. Moins d’États s’alignent, donc les chemins de tunnel se réduisent. Le courant de tunneling diminue même si la tension augmente.
• C’est la région NDR, où dI/dV < 0.
• Le courant descend vers le courant de vallée IV à la tension de vallée Vv.
Polarisation directe encore plus élevée : la conduction normale des diodes domine
À un biais avant suffisamment élevé, le tunneling devient faible car les états ne s’alignent plus bien pour le tunnel. La conduction directe conventionnelle (diffusion/injection) devient dominante, et le courant remonte avec la tension.
Courbe I–V de diode tunnel et paramètres clés

Une diode tunnel possède une courbe I–V directe distinctive : le courant monte jusqu’à un pic, puis descend dans une vallée, puis remonte. La « chute pendant que la tension augmente » correspond à la région de résistance différentielle négative (NDR).
Comment lire la courbe (niveau général)
• 0 → Vp : les chemins de tunnel augmentent, le courant augmente rapidement.
• Vp → Vv : les chemins de tunnel diminuent, le courant diminue (NDR).
• V > Vv : la conduction normale des diodes domine, le courant remonte.
Points clés sur la courbe
• Vp (tension de crête) : tension au point de tension maximale de tunneling
• Ip (courant de crête) : courant tunnel avant maximal
• Vv (tension de vallée) : tension au point minimal après la chute
• Iv (Courant de vallée) : courant minimal avant la conduction normale qui augmente fortement
• Ip/IV (rapport pic/vallée) : indique à quel point le comportement NDR est prononcé
Régions d’opération avancées et notes de biais

Région A : Tunneling basse tension (environ 0 à Vp)
• Utiliser lorsque vous souhaitez un comportement de conduction basse tension dominé par le tunneling.
• Garder les parasites de disposition petits si le signal est rapide ou RF.
Région B : Fenêtre NDR (Vp à Vv)
• C’est la région utilisée pour les oscillateurs et les circuits RF à résistance négative.
• Polarisation à un point de fonctionnement stable à l’intérieur de la fenêtre NDR, pas directement sur les bords.
• Utiliser un réseau de polarisation qui empêche les sauts incontrôlables ou indésirables entre les points de fonctionnement.
• Minimiser la résistance série supplémentaire là où un comportement NDR fort est nécessaire, car la résistance série réduit la résistance négative effective.
Région C : Conduction Directe Normale (au-dessus de Vv)
• La traiter davantage comme une région diodique conventionnelle (le courant augmente avec la tension).
• Les effets NDR ne sont plus dominants, ce n’est donc pas la région idéale pour le fonctionnement en résistance négative.
Contrôles rapides de biais (liste rapide de santé mentale)
• Vérifier le point de polarisation prévu par rapport aux données I–V de l’appareil (Ip, Vp, Iv, Vv).
• Vérifier la dérive de température : le décalage Vp/Ip/IV peut déplacer le point de fonctionnement.
• Contrôle des parasites : l’inductance du Co et de l’emballage peut remodeler le I–V apparent à haute fréquence.
• Confirmer la stabilité avec le réseau environnant (notamment lors de l’exploitation NDR).
Polarisation inverse et mode diode inverse

Une diode tunnel peut conduire un courant perceptible même en polarisation inverse car sa région d’appauvrissement est fragile. Lorsqu’une faible tension inverse est appliquée, les niveaux d’énergie peuvent s’aligner, permettant aux porteurs de tunneler dans la direction opposée. Cette conduction inverse à basse tension est souvent appelée mode diode inverse.
À quoi ressemble le tunnel inversé
• Une petite tension inverse déplace l’alignement de l’énergie, de sorte que le tunneling se produit dans la direction inverse.
• Le tunneling inverse peut supporter : la détection RF de bas niveau. Mélange ou conversion de fréquence (dans certains systèmes de circuits)
Pourquoi n’est-il pas utilisé comme redresseur d’alimentation
• La conduction inverse peut commencer à basse tension inverse, ce qui limite le blocage inverse.
• La gestion inversée de la tension est généralement bien inférieure à celle de nombreuses diodes de puissance.
Matériaux de diodes tunnel et Ip/IV
| Matériel | Bande interdite (environ) | Tendance au tunnel |
|---|---|---|
| Ge (germanium) | ~0,66 eV | Fort à basse tension |
| GaAs (Arséniure de Gallium) | ~1.42 eV | Fort avec un bon contrôle |
| Si (Silicium) | ~1.12 eV | Généralement plus faible |
Circuit équivalent diode tunnel
| Élément | Symbole | Représente | Effet principal |
|---|---|---|---|
| Résistance négative | −Ro | Pente NDR près du point de polarisation | Permet le gain ou l’oscillation dans les bonnes conditions |
| Capacité de jonction | Co | Capacité de jonction (épuisement) | Limite la réponse à haute fréquence et affecte la résonance |
| Résistance en série | Rs | Pertes internes | Réduit la netteté et diminue les performances efficaces |
| Inductance en série | Ls | Inductance en plomb/package | Les variations de résonance peuvent affecter la stabilité |
Applications des diodes tunnel
Oscillateurs micro-ondes et génération de signal RF
Avec un polarisation dans la région NDR et un réseau résonant, une diode tunnel peut générer des oscillations RF et micro-ondes.
Amplificateurs de réflexion et circuits front-end RF
Sa résistance négative peut être combinée avec un réseau d’impédance pour produire un gain RF dans les circuits front-end à faible puissance.
Oscillateurs de relaxation et circuits à impulsions
La région NDR permet la commutation rapide entre points de fonctionnement, ce qui peut créer des formes d’onde d’impulsion et de synchronisation.
Radar et matériel hérité
Les diodes tunnel apparaissent encore dans certains équipements plus anciens, où le comportement de l’appareil a déjà été prouvé et bien documenté.
Détection et conversion de fréquence
En mode diode inverse, une diode tunnel peut détecter des signaux RF de bas niveau à basse tension et peut également supporter la conversion de fréquence.
Conclusion
Les diodes tunnel fonctionnent car un dopage intense rend la jonction si fine que le tunneling quantique devient un passage majeur pour le courant. Cela conduit à la célèbre courbe I–V de pic et vallée ainsi qu’à la région de résistance différentielle négative. Ces caractéristiques rendent les diodes tunnel utiles pour les oscillateurs RF et micro-ondes, la détection de petits signaux et les circuits à impulsions rapides. Ils ont aussi des limites, comme la basse tension et la gestion de la puissance, ainsi qu’un blocage inverse faible.
Foire aux questions [FAQ]
Qu’est-ce qui contrôle le rapport Ip/IV (pic/vallée) ?
Niveau de dopage, qualité des jonctions (défauts), bande interdite du matériau et température.
Comment la température change-t-elle le comportement des diodes tunnel ?
Il déplace Vp, Ip et IV et affaiblit la région NDR (souvent en abaissant Ip/Iv), ce qui peut déplacer le point de fonctionnement et réduire la stabilité.
Qu’est-ce qui limite la fréquence pratique la plus élevée d’une diode tunnel ?
Capacité de jonction (Co), résistance en série (Rs) et inductance en paquet/avance (Ls).
Une diode tunnel peut-elle être endommagée par un polarisation incorrecte ?
Oui. Un excès de courant direct ou de tension inverse peut surchauffer ou endommager définitivement la jonction et modifier les caractéristiques I–V.
Pourquoi les diodes tunnel ne sont-elles pas courantes dans les conceptions modernes ?
Les transistors haute fréquence et les circuits intégrés RF offrent un meilleur contrôle, un gain plus élevé, une meilleure scalabilité et une meilleure capacité de gestion de la puissance.
En quoi une diode tunnel diffère-t-elle d’une diode inversée ?
Une diode à l’arrière est optimisée pour un tunneling à polarisation inverse forte (souvent pour la détection zéro polarisation), tandis qu’une diode tunnel est utilisée pour l’exploitation NDR directe.